Ces carnets d’écriture prennent racine dans mes expériences sur le terrain, mais ne s’y limitent pas. Ils se construisent à partir d’observations, de réflexions et d’un imaginaire ancré dans le vivant.
L’Herbier intérieur est une branche de ces carnets. Un lieu où le territoire vivant, les plantes, les relations et les sensations continuent de pousser autrement. En y entrant, une cartographie d’objets apparaitra. Cliquez sur les images comme on cueille des traces. Chaque dessin ouvre une cellule sensible.
Entrer dans L’Herbier intérieur.
Le fleuve est un enfant immense.
Genevieve Amyot
Tu ne te lèves pas, Milena (juillet 2025)
Sur la Côte-Nord, la beauté cinglée de nos fous rires de fatigue se laissait caresser par nos journées entières passées dehors à cueillir des plantes. Le thé du Labrador produisait sur nous ses effets euphoriques.
Puis, dans un autre souffle, ramenées à l’abri dans la maison des Chevarie, la cérémonie chaude de nos corps raqués, décorés d’algues et de verges d’or venait toucher à la beauté sauvage de nos draps propres. Nous écoulions des rêves paisibles, fenêtre ouverte sur les déferlantes brillantes d’étoiles.
La rosée (de notre résidence) saupoudrait l’air de café et de pain frais.
Nous écorchions la lumière à grands coups de souffle.
Tout ça, je l’écris maintenant — en essayant de capturer le frêle souvenir pâle qui flotte au-dessus de la craque du matin, de l’attiser dans le creux de mes paumes, sans le brûler, tandis que tu dors encore.