Déambuler dans le village
sous les pelures fines
d’averses d’été
chuintement liquide
vernis vert
Adresser des clins d’œil
aux plantes sauvages
qui résistent
près des trottoirs de bois
pétales en bouloches
mèches humectées
patine d’eau
Déplier une conversation
avec des touristes gallois
devant une salade d’orzo
à la boulangerie où l’on connecte
même dans les passages
en peluche
des habitués
craquement de pain
rires légers
vapeurs de soupe
café
M’arrêter
sur des chemins tranquilles
pour capturer
la beauté sucrée
des achillées
— les suspendre
têtes en bas dans l’habitacle
chemin de gravelle
pénombre de ma voiture
bercement
Entrer
dans les fossés de rangs
au milieu des épines
perdre pied
rosiers sauvages
clandestine
Piéger
la sève rose d’églantiers
en prévision des tisanes
d’hiver — à venir
sacs de papier
froissés — défroissés
peau piquée
sucrée
Couper les choux-fleurs
d’immortelles
avec la même douceur —
respectueuse
que celle avec laquelle
je laisse mon âme
s’emplir de gratitude —
comme un remède gratuit
trouvé là
où l’on sait qu’il peut être
planète
boucle
prière

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